42,195 km

Probablement le gral des objectifs pour un coureur : le marathon.

Après avoir couru plusieurs 10 kilomètres; quelques trails et deux semi marathons, j'ai eu envie de me lancer ce défi.

 

Après avoir voulu courir le marathon de Paris, puis celui de Washington DC, les événements ont fait que "l'heureux élu" sera celui de Colmar.

 

Inscription faite, l'aventure commence !

Ce sera un marathon en escadrille. C'est à dire que nous serons une équipe de 3 coureurs à franchir la ligne d'arrivée en même temps mais sans toutefois parcourir la même distance. Un coureur parcourera les 42,195 km, un autre la moitié, et un autre les 10 derniers kilomètres.

Le marathon de Colmar est le premier à proposer ce concept en France. Malheureusement pour notre trio, le dernier coureur qui devait nous rejoindre pour les 10 derniers kilomètres, à du annuler sa participation suite à un problème médical.

 

LA PREPARATION


L'aventure commence bien avant le jour de la course. Avant de courir cette distance mythique il y a un travail en amont à réaliser. Il faut trouver l'entrainement qui nous convient. Pour ma part je me suis inspirée d'un programme provenant d'un magazine spécialisé en course à pied que j'ai adapté à mes capacités et objectifs à l'aide d'une coach sportive, Emilie. Mon programme se déroulait sur 12 semaines et comportait 4 séances par semaine : 3 séances de course à pied qui variaient selon les semaines et une séance de renforcement musculaire.

 

Une fois le plan d'entraînement ficelé, il n'y a plus qu'à! Le marathon ayant eu lieu le 17 septembre 2017, la préparation s'est donc déroulée en plein été ce qui présente deux contraintes :
  1. La chaleur : s'entrainer en pleine chaleur sous 30 degrés C° n'est pas ce qu'il y a de plus facile, ni de plus conseillé, surtout quand on a des séances exigeantes telles que des fractionnés. Il faut être très vigilant lors d'entrainements dans ces conditions. Si possible, il est préférable de s'entrainer à l'aube ou bien en soirée lorsque les températures ne sont pas au summum.
  2. La deuxième : résister à l'appel des terrasses et de la farniente estivale. C'est l'été, il fait beau, il fait chaud, C'est la périodes des vacances, de la détente, des apéros et terrasses entre amis. Quand on vous sollicite pour profiter d'une belle soirée autour d'un verre, ce n'est pas toujours évident de dire non car on doit aller courir ces 10 ou 15 bornes ce soir et pas un autre soir alors qu'au fond on aimerait bien dire oui...
Les sacrifices, la fatigue, les frustrations parfois, font partis de ces 12 semaines de préparation. Ce n'est pas toujours facile à faire comprendre à notre entourage car d'une certaine manière nos proches sont aussi impactés par cet entraînement. Notre style de vie peut sembler un peu rigide pendant cette période d'un point de vue extérieur et tout le monde ne comprend pas. Se sentir soutenue joue pourtant un rôle crucial. Le mot sacrifice peut paraître fort mais je pense que c'est pourtant le bon mot.
Mais toute cette fatigue et ces frustrations ne résument pas cette aventure, loin de là. Pendant ces moments on se rappelle aussi pourquoi on fait ça, on visualise l'objectif et on a conscience que si c'est tellement dur maintenant c'est justement pour que ce le soit le moins possible le jour J. En général, même si on traîne des pied en allant à l'entraînement, une fois qu'il est fini, qu'est ce qu'on se sent bien.
Il faut donc trouver un équilibre pour être régulier et efficace tout en relâchant la pression de temps en temps pour ne pas se dégouter.
 
Cet équilibre dépendra de chacun en fonction du niveau, des objectifs et de la personnalité.
Les semaines d'entraînement font donc parti intégrante du marathon. 
Le jour J.
 
Le départ est à 9h30. Réveil à 7h pour manger mon bol de muesli à temps, prendre une douche pour se rafraichir les idées, de peaufiner la tenue, selon la météo du jour.
Me voilà sur la ligne d'arrivée, motivée comme jamais. Etrangement, je ne suis pas stressée. Je sais qu'à ce moment les dés sont jetés, je n'ai plus qu'à me lancer. Avant le départ, j'adore regarder les visages des autres participants et lire les différentes émotions sur leur visage. Il y a les stressés, les compétiteurs, les tranquilles
Puis, le coup de départ est donné, musique dans les oreilles c'est parti pour 42,195 km de bonheur, d'euphorie, de douleur, de motivation, de fierté, de désespoir, et encore tellement d'émotions...
Je me suis fixée une allure à suivre sur ma polar M400 pour essayer de respecter le temps que je me suis fixé. Je commence donc dans de bonnes conditions, encouragée par les spectateurs et les bénévoles.  Le temps est parfait, pas de pluie, pas de soleil et la température est idéale pour courir.
Après le passage dans le très sympathique centre ville de Colmar , on se dirige vers  Wettolsheim et Eguisheim. (plus beau village de France de 2013 :) ), et qui dit village dit à toujours les encouragements des spectateurs, bénévoles et même quelques touristes qui se prennent au jeu. Mais Eguisheim annonce aussi la couleur du marathon avec ses faux plats et petites montées, les choses sérieuses ont commencées.
Après ces 10 premiers kilomètres, le parcours se dirige à nouveau sur Colmar pour les 10 kilomètres suivants afin de boucler la première partie qui conclura la fin de la course pour les coureur du semi marathon
Sur cette partie, il y a un peu moins d'animation, c'est plus calme, en enchaine un passage dans les champs puis dans la forêt, mais avec toujours les bénévoles pour nous encourager et nous motiver. Après les 15  premiers kilomètres, le mental fait tout doucement son entrée pour nous accompagner sur le reste de l'épreuve.
Me voilà maintenant arrivée à la moitié du parcours, mon co-coureur(coucou papa) me rejoindra à ce moment là. C'est donc après avoir terminé un semi marathon que je me rend compte que je vais en enchainer un autre. A ce moment la, je suis dans un état euphorique, il y a à nouveau plein de spectateurs une bonne ambiance, je me sens encore bien mentalement et physiquement, plutôt contente de mes sensations et de ma prestation, ma montre m'indique même que mon allure est correcte.
C'est donc repartie pour "quelques" kilomètres. Une fois qu'on s'éloigne un peu de l'ambiance du champs de mars (ligne d'arrivée du semi marathon) on se dirige vers Ingersheim. J'ai personnellement trouvé cette partie un peu longue car l'ambiance retombe, ce n'est que du macadam, il n'y a plus beaucoup de monde... et la fatigue commence à se faire ressentir. 
Puis, histoire de m'achever un peu plus, direction Niedermoschwhir et Katzenthal ou l'ambiance été top! J'ai beaucoup apprécié les paysages car il se trouve que nous avons pris de hauteur... Et la ce n'est plus un faux plat ni une petite montée, mais un beau petit dénivelé de 214m. La vue sur le vignoble est superbe, avec le soleil qui nous a rejoint à ce moment là. Il est important de bien doser l'effort dans la montée car on a tendance à accélérer pour compenser mais dans mon cas, il valait mieux m'économiser pour le reste du parcours. Pas d'autres solutions ce sera donc mon premier moment de marche! C'est aussi la première fois ou je sentirai mes genoux souffrir, non pas dans la montée, mais dans la descente. Effectivement en descente les genoux doivent supporter le poids du corps et après plus de 3h d'effort, ça se sent!

 

 On continue donc notre petit chemin vers le kilomètre 30 à Ammerschwihr puis Kientzheim.
Les derniers 12 kilomètres seront très durs pour moi, mes jambes sont simplement devenus du béton, mes pieds me font mal, mentalement je me demande pourquoi je me suis lancée dans cette aventure. 
Je me met donc à beaucoup marcher, je me demande comment je vais faire pour finir la course, je regarde le temps que j'ai fait et ça me met une claque au moral, j'ai largement dépassé le temps que je souhaitai faire, il y a encore beaucoup trop de kilomètres à parcours pour mes jambes. Je désespère.  Même les encouragements et le soutien de mon père ne me motivent plus. C'est clairement un passage à vide, je rencontre le fameux mur tant redouté, j'aurai juste envie de tout arrêter.

Mais je continue. Tant bien que mal.
Et là, au kilomètre 38 à peu près, je vois un couple d'ami venir vers nous à vélo. Ne nous voyant pas franchir la ligne d'arrivée, ils sont venus à notre rencontre et finiront la course à nos côtés.
C'est avec cet ami que j'ai commencé à courir, et que mon père a également réaliser des performances sur certaines courses. Il sait comment me/nous motiver.
Petit à petit, mon esprit de compétition revient et je ne sais toujours pas comment, mais je vais courir sans m'arrêter jusqu'à la fin. L'expression "finir une course au mental" prend tout son sens. Mes jambes qui étaient trop lourdes pour m'amener jusqu'à la ligne d'arriver il y a 2 minutes avancent machinalement
Ils nous escorteront donc jusqu'à la ligne d'arrivée, et je sais que sans leur présence, je n'aurai pas fini dans d'aussi bonnes conditions.


Après 5h45 d'efforts, de moments de plaisirs, de doutes, de douleurs, de bonheur... elle est enfin là, la ligne d'arrivée....
Waou! Je viens de devenir marathonienne. Quel bonheur!

J'ai mis un peu de temps à le réaliser. D'abord la première chose que j'ai regardé a été le temps: j'ai dépassé de 45 minutes mon objectif, c'est énorme, j'étais un peu déçue au début.

Et puis je me suis dit que le plus important était de l'avoir fini en courant et à côté de mon père! Accueilli par ma plus fidèle supportrice, ma mère, ainsi qu'une autre supportrice des grandes courses, mon amie Estelle.

RECUPERATION
Une fois la ligne d'arrivée franchie, je m'arrête quelques minutes pour enfin récupérer. Puis quand je veux marcher à nouveau, aie, ça fait mal! Le reste de la journée sera très dur! Mes genoux me feront souffrir et mes jambes aussi, ça sera repos pour le reste de la journée.

Le lendemain, reprise du travail, ça tire encore pas mal dans les jambes et ça se voit à ma façon de marcher. La journée est encore longue. Par contre je ne me sens pas particulièrement fatiguée mentalement, je suis encore sous l'euphorie d'avoir réalisé un marathon et veux bien raconter ma course à qui veut l'entendre...
J+2, ça va déjà mieux, je suis surprise par la rapidité de la récupération. 
J+3, récupération ok! Je remarche tout à fait normalement.
J'ai attendu une 10aine de jours avant de reprendre la course à pied car ça me manquait trop.
Je me sentais bien donc j'ai essayé. Mes genoux m'ont vite rappeler qu'il fallait y aller doucement. J'ai donc repousser la reprise et repris petit à petit.
Un marathon n'est pas une épreuve anodine, c'est un vrai choc pour le corps il est donc important de faire une bonne récupération et de la prendre au sérieux.
BILAN
Je retiens de cette épreuve que du positif, ça a été une aventure qui m'a appris de nouvelles choses et notamment de me surpasser. J'ai également réaliser que le corps été capable de bien plus de chose qu'on ne l'imagine.
Cette épreuve m'a rendu fière de moi même, je suis fière de dire que je suis marathonienne.
Je tiens également à remercier les personnes qui m'ont soutenu tout au long du processus, ce soutien m'est très précieux
J'encourage tous ceux qui hésitent encore à se lancer dans cette aventure à le faire. Avec une bonne préparation de quelques semaines ou même plusieurs mois pour les plus novices, je pense que tout le monde peut se donner les moyens d'y arriver.
Cela vaut pour d'autres types de courses ou d'autres discipline. S'imaginer capable de réaliser une épreuve est un commencement. Il faut ensuite s'en donner les moyens et se lancer.
J'espère que le récit de mon expérience pourra en tout cas permettre de motiver quelques personnes.
Pour ma part, je sais déjà que j'en referai un, mais je ne sais pas encore ou ni quand. Peut être à nouveau celui de Colmar pour battre mon record personnel, ou bien pourquoi pas voyager un peu plus loin pour le prochain....
A suivre :)

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Commentaires: 3
  • #1

    Aboudine (dimanche, 11 février 2018 05:39)

    Au top �

  • #2

    papa :-* (dimanche, 11 février 2018 09:56)

    L'important n'est pas que dans la performance finale mais également dans le plaisir ressenti durant tout le temps précédent celle-ci.
    Merci pour ces beaux moments de partage.

  • #3

    Corinne (mardi, 13 février 2018 06:29)

    Merci pour ce récit clair et détaillé :-)
    Tu peux être fière de toi, bravo !